Nous sommes déjà le 1er mai, le temps passe à une allure de plus en plus effrénée.
J'étais venue ici pour parler de ma relation à la nourriture et ma frustration perpétuelle de ne pas manger assez, mais parler du temps qui passe vite me fait penser à l'arrivée de mes 25 ans, dans quelques jours. Vieillir ne m'enchante pas mais j'accueille chaque nouvelle année avec plaisir, parce que j'ai à chaque fois compris et intégré tellement de leçons, je me sens enrichie de confiance, de savoirs, de bien-être, toujours plus que l'année précédente. Je ressens toujours un décalage entre mon âge réel et celui dans ma tête, 25 ans parait un âge bien jeune par rapport aux épreuves de ma vie, mais plus le temps passe et plus cet écart diminue.
Il y a dix jours, Junon, notre chatte, est morte, ça m'a remué et surtout fait ressurgir les sensations et sentiments éprouvés après le décès de Louise. Nous arrivons à la date anniversaire fatidique, et je ne sais pas ce que ça me fait. Je me sens en même temps anesthésiée mais à vif, comme pour tout de toute façon, dès que je souffre je refoule au point de ne plus rien sentir. Mais cette année je veux vraiment oeuvrer pour sortir de ce schéma.
Depuis plusieurs semaines je ressens le besoin de manger constamment pour me remplir, cela faisais plusieurs années que je n'avais pas ressenti ça aussi fort. Je mange tout, peu importe la saveur ou le goût, des tomates, des pâtes, de la glace, des frites, du chocolat, en quantité industrielle. L'action de mâcher et d'avaler me calme. Je retombe dans le cercle vicieux de la culpabilisation, parce que je grossis, et si ce n'était que moi ça ne serait pas un problème mais je vois que mon copain n'aime pas ça ; il ne me le reproche pas mais je suis moins attirante à ses yeux et ça me fait souffrir.