Encore une fois je ne sais pas par où commencer, y a tellement de choses qui me passent par la tête.

Je me pose beaucoup de questions sur les hommes, et mes rapports avec eux. Je me suis rendue compte que j'ai toujours envie de séduire, que je fais tout pour, alors que je n'en ai pas envie. Y a t'il un lien avec mon enfance foiré et les relations que j'ai (eu) avec mon père? Certainement.

Je ne veux pas séduire, j'aimerais sincèrement avoir des relations amicales avec des hommes, chose qui n'est jamais arrivée. Mais quelque chose au fond de moi me pousse à battre des cils, en fait j'ai l'impression que je suis un peu allumeuse, dans le sens où je suis séductrice, je le sais bien que je fais des oeillades (néanmois subtiles), sans jamais aller plus loin. Je connais plein de femmes qui font ça dans une certaine mesure, j'aimerais ne plus en faire partie. C'est une souffrance que d'avoir tout le temps besoin de plaire, comme si ma place était sans cesse remise en question. Quand une personne que je ne connais pas m'aprécie, c'est comme si ça me donnait le droit d'exister un peu plus. Je me repète sans cesse que je dois être moi, et je pense y arriver petit à petit: ces derniers temps j'ai rencontré beaucoup de monde, je suis fière d'être restée moi, que ça plaise ou non.

Je sais que nous choisissons les personnes avec qui nous sommes, ainsi je suis sure que si j'ai été avec des hommes violents avant, c'est que ça venait de moi, j'étais attirée par eux. Aujourd'hui je pense que je le suis encore mais je me surveille, et puis c'est quelque chose qui me dégoute profondément désormais, si ça se reproduit je ne resterais pas, j'en suis persuadée.

Ce que je me demande, c'est: y a t'il un homme qui vale le coup sur cette terre? Je ne connais pas un seul homme qui répond à mes exigences minimum. Il y a bien le compagnon de mon amie X., mais je ne l'ai vu que quelque jour, c'est difficile de cerner (juger) une personne en si peu de temps. En fait, il n'y a que lui qui me semble correct.

Un homme correct, pour moi, c'est quelqu'un qui réfléchis sur la parité, qui ne se conduit pas en enfant de huit ans, c'est quelqu'un qui est autonome, qui sait faire ses lessives, le ménage etc. Non seulement qui sait, mais aussi qui le fait. Nuance entre la théorie et la pratique. Et puis, il ne faut pas lui demander pour qu'il le fasse! Il n'est pas sale et deteste puer, il connait sa taille de vêtement et s'habille en conséquence. C'est aussi un homme qui est sincèrement gentil et réfléchi, il s'interesse à beaucoup de choses et est cultivé. Est ce qu'ils existent ces hommes là où ne les vois je pas?

Tout à l'heure, F. avait très envie de faire l'amour, faut dire qu'on le fait plus trop souvent, je ne suis pas d'humeur, il me dégoute tellement. Il pue, il a les cheveux gras, une coupe de cheveux horrible, en fait, il n'a pas de coupe, ses cheveux poussent comme ils veulent. La dernière fois c'est moi qui ai coupé, mais j'en ai marre de jouer le rôle de sa mère. Il fait des blagues sexistes, il a une bouche et une barbe crasseuses, il se lave jamais les dents, il a des tics atroces, vraiment atroces, les ongles noirs (il est crêpier, donc il cuisine toute la journée, et couper des champignons rend les ongles noirs, mais il pourrait les brosser! bref). Il va avoir 30 ans mais rentre encore chez papa maman pour sa lessive, Il est maigre et frêle et met des vêtements quatre fois trop grands, ses jeans datent de son adolescence, ils sont troués, informes, il change de pantalon une fois par semaine, on dirait un clochard. Il se fait exploité à son boulot et est traité comme une merde mais ça lui convient, il cherche à partir pour la forme mais quand une occasion de présente il ne le fait pas, il trouve même des excuses à ses patronnes. Il a horreur du changement et reste dans ses petites habitudes ridicules. Je sais pas pourquoi je reste avec lui. Sans doute parce que c'est le garçon le plus gentil que je connaisse jusqu'à présent.

Il m'a caliné, caressé, collé, jusqu'à ce que je cède pour qu'il me foute la paix, et une fois la chose terminée, il s'est mis dos à moi dans le lit. Ca m'a fait tellement de mal que j'en ai pleuré, en me cachant bien sur, il ne l'a pas remarqué. Je me suis dit que c'était la dernière fois qu'on couchait ensemble, je ne sais pas si je vais enfin réussir à rompre, en tout cas la dernière fois que je me suis dit ça, avec C., c'était effectivement la dernière fois.

Pourquoi je n'ai pas tout simplement dit "non j'ai pas envie"? Je me suis sentie obligée, comme si c'était une faute de ne pas répondre à ses attentes sexuelles. Le pire, c'est que j'ai déjà réfléchi à ça, je me répète qu'il ne faut plus que je me force à faire l'amour. J'ai même demandé à mes amies si elles se forçaient, elles ont répondu que oui, mais n'avaient pas l'air plus choquées que ça, ou alors elles étaient gênées. Nous les femmes, nous sommes sans arrêt enchaînées sur plein de choses qu'on fait automatiquement, et tout le monde trouve ça normal. C'est tellement normal que même en sachant que ça ne l'est pas ça nous fait culpabiliser quand même.

Je suis déçue du monde dans lequel je vis, je suis fatiguée de parader pour me faire accepter, là je suis dans le bas du gouffre, et si je n'avais pas un fils qui a besoin de moi je penserai à en finir. Il y a tellement de questions, j'essaie de résoudre tout ce qui cloche chez moi, je réfléchis pour me délivrer de certains maux, et quand je trouve une solution, je me retrouve face à dix nouveaux problèmes.

Je vais aller voir un psy très réputé, du coup le rdv est pour fin juin seulement, je verrai ce que ça donne. Apparement il s'y connait dans les relations foireuses hommes-femmes, j'entends par là hommes violents, femmes dépendantes, et l'inceste.